Le cycle de Pellucidar

En 1914, Burroughs lance une nouvelle série, située dans le cadre le plus insolite qu'on puisse imaginer : la Terre creuse. Le jeune Américain David Innes et son ami, le vieux savant Abner Perry, traversent la croûte terrestre avec un véhicule de forage. Le premier chapitre a des relents verniens avec la description de la taupe et son parcours dans la croûte terrestre, mais alors que Jules Verne se serait longuement étendu sur les aspects techniques et géologiques, Edgar Rice Burroughs laisse rapidement libre cours à son imagination. Chez lui, ce ne sont pas les voyages qui sont extraordinaires, mais les destinations.
Là, la destination, c'est le monde intérieur de Pellucidar.

Il faut une bonne dose de suspension d'incrédulité et jeter aux orties tout ce que l'on sait sur la géologie ou les lois basiques de la physique. La Terre est une planète creuse, comme une coquille d'œuf, et Pellucidar est le monde sur la surface concave. Il existe un soleil central, et même une petite lune. Le talent de conteur de Burroughs est tel qu'à aucun moment, on ne s'interroge sur la plausibilité d'un tel environnement, pas plus qu'on ne se pose de question sur les singes qui parlent ou les Martiennes qui pondent des œufs. On se laisse entraîner par l'auteur et l'espace de quelques heures de lecture, on laisse de côté tout esprit critique ou d'analyse.

David Innes et Abner Perry découvrent un monde avec une faune et une flore préhistoriques. Les êtres humains vivent sous le joug de reptiles ailés et télépathes, les Mahars.

Les deux premiers tomes décrivent la lutte des héros contre ces créatures avec un rythme rapide, un décor fascinant et un sens continuel de l'émerveillement qui tient encore parfaitement la route plus d'un siècle après.

Burroughs attendra quinze ans pour revenir à Pellucidar, en nous narrant les tribulations d'un nouveau personnage, Tanar, mais c'est le tome 4 qui atteint des sommets, vu que c'est Tarzan en personne qui vient en aide à David Innes. Burroughs s'est toujours amusé à faire des liens entre ses séries et là, il franchit le pas, en envoyant carrément le Seigneur de la Jungle à Pellucidar.

Tarzan se rend au cœur de la Terre à bord du véhicule le plus improbable vu que l'expédition se déroule en… dirigeable. Car, comme chacun sait, il existe aux pôles des ouvertures permettant d'accéder à l'intérieur de la planète.

Back to the Stone Age relate les aventures d'un personnage secondaire de Tarzan at the Earth's Core, Von Horst, qui s'est perdu à un moment donné. Le récit manque de cohésion, ne consistant guère qu'en une succession de scènes, alors que les tribulations du héros l'amènent d'un danger à un autre. C'est encore pire dans le tome suivant, Land of Terror, qui voit David Innes à la recherche de sa bien-aimée Diane la Magnifique. Pas de trame centrale, un rythme défaillant, c'est nettement le moins bon de la série. Il en va différemment du septième et dernier tome, Savage Pellucidar, qui consiste en fait en un recueil de quatre nouvelles.
 
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© Michel Vannereux