Ric et Rac

 
La première apparition de la bande dessinée de Tarzan en France eut lieu dans un journal hebdomadaire pour adultes : Ric et Rac, précédant la parution du Journal de Mickey, point de départ de l’arrivée massive de B.D. américaines en France. Ce journal, édité par Fayard, parut du mois de mars 1929 jusqu’au mois d’août 1944. Sur huit pages, au format super-géant de 42,5 x 58,5, il publia surtout des dessins humoristiques, ainsi que quelques séries de bandes dessinées (« Popeye », « Pitchounet fils de Marius »). Il était sous-titré « Grand hebdomadaire pour tous ». Oublié de nos jours, il n’est recherché que par les amateurs de B.D. et particulièrement pour le Tarzan de Foster.

En effet, du numéro 221 du 3 juin 1933 jusqu’au numéro 315 du 23 mars 1935, Ric et Rac a publié les planches du dimanche de Harold Foster, mais seulement en noir et blanc, et dans un format qui ne représentait qu’une partie d’une page du journal, soit 240 x 265. La bande-titre n’a jamais été donnée dans ce journal.

Le n° 221 contenait la planche n° 0 de Foster, soit une planche publicitaire dessinée vers fin 1931, et destinée à lancer la série. Cette planche résume en douze images le roman Tarzan of the Apes et est plus ou moins calquée sur les premières bandes quotidiennes de Foster. Elle a été rééditée dans le Phénix spécial n° 1 consacré à Tarzan/Foster, aux Éditions S.E.R.G., en 1970. Cette planche n° 0, dans la version de Ric et Rac et la réédition de Phénix, contient une erreur d’inversion des bandes, la deuxième bande étant en réalité la quatrième.

Du n° 222 au n° 236, Ric et Rac a publié les planches du dimanche 74 à 88, pour une histoire intitulée « Le cimetière des éléphants », sujet classique à l’époque, quand on pense au premier film de Johnny Weissmuller qui venait d’entamer sa carrière cinématographique. Du n° 237 au n° 315, le journal publia les planches du dimanche 89 à 171, correspondant à l’histoire « Tarzan et les Égyptiens ». À noter que les planches 143, 144, 161 et 171 manquent dans Ric et Rac, et que le dernier dessin du n° 315 est un faux destiné à terminer prématurément l’histoire.

La version de Ric et Rac est très convenable et souvent conforme à l’originale, mais pour des raisons ignorées, curieusement l’adaptateur français de l’époque a cru bon de remplacer le nom de Erich Von Harben – fils du Docteur Von Harben ami de Tarzan – par Jean Courcier. Malgré l’absence des couleurs, le format réduit et les 4 planches manquantes, compte tenu du genre de journal dans lequel ce Tarzan a paru, compte tenu de l’époque, nous pouvons considérer que ce fut un grand succès.
 
CONTENU
Numéro 221
Hal Foster (Planche publicitaire)

Numéros 222 à 290
Hal Foster (Planches du dimanche 74 à 142

Numéros 291 à 315
Hal Foster (Planches du dimanche 145 à 170)


© Michel Vannereux